Bahreïn (A.P.Hawzah) –L’Association islamique Al-Wefaq de Bahreïn a souligné que le Parquet général est devenu un organe sécuritaire et politisé qui, à la suite de la publication de son communiqué concernant les oulémas chiites arrêtés, avance des accusations infondées et contradictoires dans le but de manipuler l’opinion publique.
Dans un communiqué, l’Association a déclaré que la prise de position du Parquet constitue un scandale confessionnel majeur révélant la véritable nature de cette institution ainsi que celle des instances qui la soutiennent, en particulier le gouvernement. Selon Al-Wefaq, celui-ci a commis l’une des plus graves atteintes en prenant pour cible, sur une base confessionnelle, une composante authentique et profondément enracinée du pays. Une démarche qui, selon le communiqué, est animée par un esprit de vengeance et de ressentiment, sans le moindre frein national, moral ou religieux.
Le communiqué ajoute que la position du Parquet est marquée par de profondes contradictions et qu’elle est en opposition avec les déclarations du ministre de l’Intérieur, lequel avait porté des accusations contre les oulémas chiites quelques heures seulement après leur arrestation, sans qu’aucune enquête n’ait été menée. Le Parquet lui-même avait auparavant publié un communiqué dont le contenu contredit celui diffusé récemment.
Al-Wefaq a également indiqué que les employés du Parquet ainsi que les responsables à l’origine de ces accusations appartiennent à une autre confession religieuse et ne possèdent ni la connaissance nécessaire du rite ja‘farite ni l’expertise requise en matière d’obligations religieuses chiites. Selon l’Association, juger une prescription religieuse à travers une approche sécuritaire et accusatoire, puis transformer des droits religieux en infractions pénales et en affaires de blanchiment d’argent, constitue une démarche dépourvue des critères les plus élémentaires de justice et incompatible avec la religion, la raison et la sagesse.
Le communiqué précise en outre que la tentative du Parquet de présenter les « droits religieux » comme un transfert d’argent vers l’Irak, l’Iran ou le Liban relève d’une manipulation manifeste. Les oulémas arrêtés sont, selon Al-Wefaq, des représentants religieux habilités à transmettre ces fonds à des autorités religieuses reconnues telles que l’Ayatollah Seyyed Ali al-Sistani, l’Ayatollah Seyyed Mohammad Saïd al-Hakim, le Guide de la Révolution islamique d’Iran, l’Ayatollah Seyyed Mojtaba Khamenei, ainsi qu’à d’autres références religieuses, et non à des gouvernements ou à des partis politiques. L’Association estime que la tentative du Parquet de présenter cette question sous un angle sécuritaire est trompeuse et contraire à l’éthique.
Les oulémas arrêtés sont des élites religieuses jouissant d’un statut spirituel et social important
L’Association a également souligné que les éléments présentés à charge sont discrédités depuis le premier jour et démontrent l’innocence des oulémas, révélant que cette affaire n’est rien d’autre qu’une opération de représailles fondée sur des accusations sans fondement. Selon Al-Wefaq, les oulémas sont traités comme des « prisonniers de guerre » alors qu’ils n’ont aucun lien avec de telles considérations.
Une situation qui, selon elle, témoigne d’une coordination entre le Parquet, l’appareil judiciaire et les institutions sécuritaires, et représente un danger pour l’unité de la société, sa cohésion ainsi que sa diversité confessionnelle. En réalité, ce qui est mis en cause aujourd’hui n’est pas un délit, mais bien une école religieuse tout entière.
Le communiqué indique également que les oulémas arrêtés – dont le nombre dépasse quarante religieux – appartiennent à différentes écoles et institutions religieuses. Cela démontre, selon Al-Wefaq, que les accusations portées contre eux ne sont qu’un acte de vengeance et une manifestation de la colère du pouvoir à l’encontre des chiites à la suite de la récente guerre. L’Association rappelle que ces oulémas constituent une élite religieuse respectée pour son rôle intellectuel, culturel, juridique et doctrinal, non seulement à Bahreïn mais également auprès d’autres peuples. Ils sont auteurs de nombreuses œuvres et publications qui ont enrichi les bibliothèques scientifiques et religieuses.
Les activités de prédication et la collecte des droits religieux constituent un devoir divin et religieux
Al-Wefaq a affirmé que les activités des oulémas ne sont nullement clandestines mais parfaitement publiques et connues. Il s’agit, selon elle, d’activités exercées déjà par les Imams des Ahl al-Bayt (paix sur eux) il y a plus de quatorze siècles et qui relèvent de l’application des prescriptions religieuses mentionnées dans diverses sources et textes islamiques.
L’Association a ajouté que les activités de prédication ainsi que la collecte des droits religieux constituent une obligation divine et religieuse. Loin de représenter une menace pour la société, elles jouent un rôle de rempart contre les déviances et les courants extrémistes et contribuent à préserver l’équilibre et la santé de la société.
Ce pour quoi les oulémas sont poursuivis aujourd’hui relève en réalité des fondements mêmes de la pratique religieuse
Le communiqué souligne que les faits pour lesquels les oulémas sont actuellement poursuivis concernent des rites et des devoirs religieux fondamentaux, notamment la prédication, l’orientation spirituelle, la présentation de concepts, d’idées et de théories diverses, ainsi que la perception des droits religieux.
Selon Al-Wefaq, l’ensemble des chiites accomplissent ces devoirs sans exception, et il n’existe aucune autorité religieuse, aucun juriste ni aucune école chiite qui ne reconnaisse l’existence de différentes théories islamiques, y compris celle du Wilayat al-Faqih (gouvernance du juriste-théologien). Cette théorie constitue, selon le communiqué, une doctrine académique comportant plusieurs interprétations et degrés d’application, variant d’une autorité religieuse à une autre.
La collecte des droits religieux est également une pratique universellement reconnue parmi les chiites. Toute tentative visant à la diaboliser ou à la présenter comme une « nouvelle découverte sécuritaire » est, selon Al-Wefaq, dépourvue de crédibilité et de fondement.
L’Association a également insisté sur le fait qu’aucune des théories ou écoles du fiqh chiite ja‘farite n’est incompatible avec la citoyenneté ou l’attachement à la patrie. Ceux qui cherchent à confondre ces notions poursuivent, selon elle, des objectifs erronés au détriment de l’unité sociale et des libertés publiques.
Le communiqué rappelle que toutes les religions et confessions comportent diverses écoles et doctrines et qu’il n’est ni possible ni légitime d’interdire ou de restreindre des théories parfois vieilles de plusieurs siècles, ni d’empêcher les individus d’exercer leur liberté de croyance et de réflexion.
Toutes ces mesures s’inscrivent dans une politique visant les chiites uniquement en raison de leur appartenance confessionnelle
Al-Wefaq a déclaré que la décision des autorités de cibler certaines institutions et certains rites religieux – notamment à travers la réduction des prérogatives des Waqfs ja‘farites ainsi que la fermeture de l’Association « Al-Taw‘iya Al-Islamiyya » – démontre que l’arrestation des oulémas ne constitue pas un acte isolé.
Selon l’Association, toutes ces mesures s’inscrivent dans une politique globale visant les chiites uniquement en raison de leur identité confessionnelle, sans l’existence de véritables motifs justifiant ces actions, contrairement aux affirmations du gouvernement.
Le khoms est une composante indissociable du chiisme et sa criminalisation revient à criminaliser la religion elle-même
Al-Wefaq a indiqué que les oulémas arrêtés n’exerçaient aucune activité politique et que leur action était principalement centrée sur l’enseignement, l’orientation religieuse et la prédication.
L’Association a souligné que l’obligation religieuse du khoms ainsi que les droits religieux constituent une partie intégrante et indissociable du chiisme. Dès lors, leur criminalisation équivaut à criminaliser la religion elle-même.
Selon Al-Wefaq, les chiites de Bahreïn ne peuvent être contraints d’abandonner leur foi sous la pression d’un pouvoir incapable d’accepter l’existence de différentes religions, écoles et courants de pensée.
L’Association a appelé à l’implication des institutions scientifiques et des autorités religieuses chiites dans l’examen des dossiers et des accusations formulées, afin que ces questions soient étudiées par des spécialistes compétents. Elle a averti que la poursuite de cette politique par les autorités équivaudrait à une déclaration de guerre contre les principes, les pratiques, les rites et les doctrines juridiques des chiites.
Les adeptes du rite ja‘farite à Bahreïn ressentent un danger et une menace sérieux
Le communiqué conclut en affirmant que les adeptes du rite ja‘farite à Bahreïn éprouvent un sentiment profond de menace à l’égard de leur vie, de leur religion, de leurs convictions, de leurs rites et de leur existence même. Un sentiment qui découle, selon Al-Wefaq, de campagnes répétées et dangereuses les visant directement.
L’Association a également déclaré que l’ensemble des événements survenus et toujours en cours sont orchestrés par des réseaux d’individus extrémistes qui insultent les chiites, offensent les Imams (paix sur eux) ainsi que leur histoire, agissant au vu et au su des autorités et bénéficiant, selon le communiqué, d’une couverture officielle de l’État.




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